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Histoire de Cluis

I Les premiers temps

    a) dichotomie entre Cluis-Dessous et Cluis-Dessus dès l’Antiquité ?

Il est difficile de donner l’origine certaine du village. Des vestiges romains voire gaulois ont été découverts, attestant le statut de vicus de Cluis-Dessus, petite agglomération du Bas Empire romain. Si le village est assurément gallo-romain, la proximité de l’éperon dominant la Bouzanne, à 800 mètres au Nord, a pu intéresser les populations gauloises comme l’indique E. Chenon.


Le premier seigneur connu de Cluis est Giraud (Cluensis castri dominus), seigneur glorieux et défenseur de l’Eglise (1001 contre Adémar fils du vicomte de Limoges à St-Benoît du Sault), probable vassal de Déols.


Second seigneur attesté par les textes : Boson (Boso vir illuster de Closis) connu par  des faits se rapportant à l’église de Neuvy-St-Sépulcre qui se trouvait dans sa châtellenie et qui fut fondée vers 1042-45 par Boson et deux autres seigneurs. Boson eut des heurts avec les clercs desservants dès 1077, faits notés dans une lettre du pape Grégoire VII (1079). Il fut cité à comparaître par le légat pontifical devant le concile de Poitiers (janvier 1078), refusa et fut excommunié par  le légat. Devant la menace d’excommunication pontificale (définitive celle-ci), Boson dut probablement se soumettre. En 1087, il est fait mention de Boson et son fils Bertrand dans une charte concernant Cluis par l’évêque de Bourges.


Cette première dynastie semble s’être éteinte avant 1093, date de la mort de ce même évêque et de son enterrement, où ils sont absents. 1090-92,  une charte de l’évêque de Bourges donna au chapitre de Bénévent l’église de Maillet (faisant partie de la châtellenie de Cluis) avec le consentement d’Eudes de Lignières.

    b) Le dédoublement de la châtellenie, une période de changements

Découpage de la châtellenie primitive de Cluis entre deux groupes d’héritiers :

- Eudes de Lignières, qui reçut la ville et fonda une nouvelle dynastie de Cluis
- Les seigneurs de Gargilesse qui reçurent le castrum

C’est le démembrement de la châtellenie qui amena au dédoublement de la paroisse à une date non précisée.

Les seigneurs de Gargilesse ne le gardèrent pas longtemps puisqu’on le retrouve dès 1102 entre les mains d’Adalard ou Alard Guillebaud. Dans une sentence épiscopale de 1117, mention de frappe monétaire à Cluis.

Alard Guillebaud mourut vers 1130 et ne laissa qu’une fille (Béatrix) qui épousa Raoul VI de Déols. Cluis-Dessous retourna dans la mouvance de son suzerain originel, contrairement à Cluis-Dessus qui appartenait au duc d’Aquitaine.

 

II Histoire de Cluis-Dessous

    a) le retour au suzerain : Cluis-Dessous sous les Déols

D’où les évènements de 1152. Ebbes II venait de succéder à son père Raoul VI (mort en 1141) et prêta hommage au roi Louis VI mari de sa suzeraine Eléonore de Guyenne. Après le divorce royal, Ebbes II suivit sa suzeraine comme le prévoyait le droit féodal mais mécontenta ainsi le roi.
Louis VI descendit en Berry dévaster les seigneuries des Déols, brûlant la Châtre, Châteaumeillant et une grande partie du château de Déols. Ebbes II incendia en représailles Cluis-Dessus, fief de Garnier de Cluis, son vassal qui avait pourtant pris parti pour le roi.

Le conflit entre les deux seigneurs continua avec en 1155 un différend au sujet de l’abbaye de Varennes, dont les deux hommes étaient les bienfaiteurs. Ebbes II donna aux religieux le droit d’usage de ses forêts de Cluis et demanda à être reconnu fondateur de l’abbaye en récompense, ce que contesta Garnier de Cluis. Henri II Plantagenêt intervint dans le conflit en tant que duc d’Aquitaine et suzerain ; il mit les deux d’accord en se déclarant « fondateur, gardien et défenseur de l’abbaye ». Il fit retirer l’inscription du seigneur de Déols.

Ebbes de Déols mourut en 1160 laissant Déols et Cluis-Dessous à son fils aîné Raoul VII, dernier du nom. Début 1176, il prit le chemin de Jérusalem et mourut au retour à Ravenne au mois de novembre. Il laissait pour seule héritière sa fille Denise de Déols
Son histoire est bien connue, son suzerain Henri II Plantagenêt s’empara de la jouissance de ses seigneuries, qui eurent à souffrir de son conflit avec le roi de France. En 1188, Philippe Auguste s’empara de Châteauroux et de nombreux châteaux du Bas-Berry.

    b) la période Chauvigny

Denise de Déols emmenée en Angleterre épousa en 1189 André de Chauvigny, un des favoris de Richard Cœur de Lion. Ils donnèrent naissance à Guillaume 1er de Chauvigny, seigneur vers 1206. C’est lui qui dut affranchir les habitants de Cluis-Dessous, vers 1215. Il mourut au début de l’année 1234.

Guillaume II participa aux deux croisades de St Louis et mourut au retour à Palerme en janvier 1271. Son fils Guillaume III lui succéda de 1271 à 1322. En 1292, il fit réaliser un dénombrement de ses fiefs, qui permet de connaître la châtellenie à la fin du XIIIème siècle. Ce seigneur fit bâtir l’actuelle forteresse.

Son fils aîné André II devint seigneur de Cluis-Dessous le 27 septembre 1327 en prêtant hommage à l’abbé de Saint-Sulpice, suzerain effectif depuis 1190. Il donna cette châtellenie en apanage à son fils aîné André III qui rendit hommage le 11 janvier 1335. Mais celui-ci dut y renoncer car son père avait promis à sa fille Marguerite une dot de 1000 livres de terres lors de son mariage avec le vicomte de Villemur.
André III mourut à la bataille de Poitiers en 1356 et son père lui survécut deux ans.

    c) la fin du Moyen-Age

La châtellenie de Cluis-Dessous entra dans la famille de Villemur qui la garda jusqu’en 1401. Mais lors de la cession consentie à son aïeule Marguerite de Chauvigny, il avait été stipulé que la châtellenie devait revenir à la baronnie de Châteauroux après sa mort et celles de ses enfants.
Guy II réclama donc son bien et l’obtint après paiement de 10 300 livres tournois et 4000 florins le 30 juillet 1401. Il prit possession de la châtellenie le 11 août suivant et s’installa au château, avec officier et garde du sceau. Il y mourut en 1422 à 76 ans et fut enterré aux Cordeliers.

Guy III  hérita de Châteauroux et de Cluis-Dessous. Son père avait fait vœu avant de mourir d’aller à Jérusalem et chargea son fils de le faire pour lui. Avec la guerre de Cent Ans, il ne put le faire. Après sa participation à la chevauchée de Jeanne d’Arc vers Reims, il demanda au pape une dispense pour ce voyage en 1432.
Homme très pieux et attaché aux « Frères mineurs […] de l’Observance » (les Franciscains), il fonda pour eux un ermitage dans son bois du Plaix. Il mourut à Châteauroux en mars 1483 à 75ans.

Son fils aîné, François prêta hommage pour Cluis-Dessous à Saint-Sulpice de la Nef de Bourges en juillet 1484 et le transmit en 1490 à son fils André. Ce dernier transforma l’ermitage franciscain en un véritable petit couvent. Il mourut sans enfant en janvier 1503. Sa femme Louise de Bourbon hérita de ses possessions et les transmit aux Bourbon-Montpensier.

    d) le château inhabité, propriété des Montpensier

Après un procès de 15 ans entre les héritiers naturels et Louise de Bourbon,  les châtellenies de Cluis-Dessous, Neuvy-St-Sépulcre, Aigurande et du Châtelet reviennent à Louise de Bourbon car entre temps en 1504, elle s’était remariée avec Louis de Bourbon, prince de la Roche-sur-Yon.

Cluis-Dessous appartenait donc désormais à la famille de Montpensier. Le nom illustre d'Anne de Montpensier, dite « La Grande Demoiselle » est fort connu dans la région. Quoiqu'elle ne résidât pas souvent dans son château, on y signale sa visite en 1666. Cependant, grâce à ses libéralités, le couvent du Plaix fut rebâti et les religieux dédièrent la chapelle « aux cinq plaies de Notre Seigneur ». Elle mourut en 1693.

Son héritier, Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV se désintéressa totalement du château et vivait à la cour de Versailles. Abandonné aux soins d'intendants, le château perdit de sa splendeur et plusieurs tours tombaient en ruines quand il passa aux mains de la famille De Bregy, en 1697. Celui-ci possédait déjà les terres de Cluis-Dessous à la suite d'un paiement de dette.
Il ne resta pas très longtemps dans cette famille. Le dernier en nom, Germain Christophe, mourut en 1762 et fut enterré dans l’église Saint Christophe de Cluis-Dessous.

    e) La réunification de la seigneurie en 1767

Avec la vente du château et de ses dépendances à Gabriel de Montaignac, seigneur de Cluis-Dessus, les deux Cluis furent réunis. Cluis-Dessous continuait à tomber en ruines, et la Révolution acheva l'œuvre de destruction.

Après une période trouble, on retrouve le nom de Cluis-Dessous associé à Poisle Frelon de Bouesse en 1839. Peu à peu, la propriété se perdit au fil des successions et des partages. Il fallut attendre les recherches du Dr Bailly en 1980 pour permettre l’achat de la forteresse par la Commune avec l’aide du Conseil Général.

III Histoire de Cluis-Dessus

    a) la division

En 1090-1092, Eude de Linières avait consenti à la donation de l'église de Maillet au chapitre de Bénévent ; et peu après, comme nous l’avons vu ci-dessus, la châtellenie de Cluis avait dû se diviser en deux fractions : Cluis-Dessous et Cluis-Dessus.

    b) les Cluis

Pierre de Linières succéda à Eude puis le petit-fils de ce dernier, troisième seigneur issu de la famille de Linières Garnier, abandonna son nom pour celui de Cluis.           
On retrouve ici le témoignage des relations qui pouvaient être tendues entre les deux seigneurs dont les châteaux sont par ailleurs si proches : en 1152, incendie de Cluis-Dessus par Ebbes de Déols son suzerain qui avait pre le parti du roi, en 1155, affaire de la fondation de l’abbaye de Varennes.
Garnier dut avoir pour fils et successeur Raoul, seigneur de Cluis, qu'on trouve en 1182 marié à Agnès de Charenton, veuve de Raoul VI de Déols, seigneur de Châteauroux et de Cluis-Dessous. A Raoul, succéda Garnier II de Cluis, qui fut témoin de plusieurs chartes.
A ce moment, se placent divers empiètements de l'abbé de Déols, qui concernaient Cluis-Dessus et que l'archevêque de Bourges dénonça, avec plusieurs autres, au pape Innocent III : l'abbé de Déols avait transformé en un pressoir banal une des chapelles de Cluis En 1231, Eudes, seigneur de Cluis-Dessus, affranchit les habitants de la « ville » de Bouesse, qui faisait partie de la châtellenie de Cluis-Dessus (qu'il avait déjà dû affranchir déjà, mais à une date restée inconnue), il se réservait seulement une redevance proportionnée à la fortune de chaque habitant et le droit de faire entretenir par eux sa forteresse de Bouesse.

D'après la Thaumassière, Eude II de Cluis fut le dernier seigneur de Cluis-Dessus portant ce nom. Après lui en effet, nous ignorons pour quelle cause, la châtellenie de Cluis-Dessus et la forteresse du Repaire passèrent vers 1260 environ, entre les mains d'Ythier de Magnac et de sa femme Agnès de Précigny. Ythier IV mourut sans postérité, et eut pour héritière sa soeur Bellassez de Magnac, qui avait épousé en 1360 un chevalier nommé Aymery de Castres. Celui-ci, le jour de la Toussaint 1366, fournit, au nom de sa femme, au seigneur de Châteauroux, Guy II de Chauvigny, l'aveu et dénombrement du « chasteau et ville de Cluis-Dessus, avec tous les hommes et femmes francs de […] Cluis ». Parmi les fiefs relevant de la châtellenie de Cluis, les plus importants étaient : le lieu de Puy-la-Bosse, tenu par Philippon du Coudray ; la seigneurie du Repaire, avec justice haute, moyenne, et basse, possédée alors par Jehan de Magnac ; le château de Châron avec l'étang et le moulin de Châron ; l'hôtel et manoir de Gournay et enfin le château de Céris, avec colombier, prés, et péages, tenu par Jehan de Céris. Quant à la justice de Cluis-Dessus, elle s'étendait alors sur les paroisses de Cluis-Dessus, Gournay, Bouesse, Buxières-d’Aillac, et Maillet.
En 1369, la guerre ayant repris avec l'Angleterre, Cluis-Dessus prit le parti anglais. Charles V n'hésita pas : il déclara « forfaites » les seigneuries de Cluis-Dessus et de Bouesse, et après maintes péripéties, en juillet 1371, Bellassez de Magnac, veuve, obtint des lettres de rémission à la condition d'être désormais fidèle au roi.

    d) Cluis sous les Gaucourt

Les seigneuries de Cluis-Dessus et de Bouesse en particulier furent vendues en 1462 à Charles de Gaucourt, futur maréchal de France pour solutionner un héritage. Il décéda lui-même en 1482, après une brillante carrière, laissant huit enfants, quatre filles et quatre fils.
Cette illustre famille picarde compta un bailli du Berry, Charles II de Gaucourt, Charles III fut élu de la noblesse aux Etats de Blois en 1576. Cette famille fut à l’origine des derniers grands travaux d’extension du manoir.

    e) réunification et période moderne

La dernière descendante de cette lignée, Charlotte de Gaucourt épousa en 1745 Gabriel de Montaignac. Cette famille de noblesse ancienne s’était illustrée lors des croisades. ce seigneur qui racheta la seigneurie de Cluis-Dessous et réunifia ces deux paroisses séparées depuis le 11ème siècle

Le château passa ensuite par mariage dans la famille du marquis de Lestrange. Ce dernier le vendit après la Révolution à la famille Richer qui le céda à la commune en 1868 pour y établir la mairie.
Les deux Cluis furent réunis en une seule commune en 1818.

 

Ce document est un condensé obtenu notamment à partir de Chenon (Emile), « Les origines et les seigneurs de Cluis », in Cahiers d’Archéologie et d’Histoire du Berry, 1931, volume XLIV, p1 à 67

Nouvelle photo groupée à l'entrée du chantier avec Michel, notre maçon retraité.

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